L’augmentation du nombre de végétariens et de « flexitariens » (c’est-à-dire des végétariens occasionnels qui réduisent leur consommation de viande pour des raisons de santé, de bien-être animal ou de protection de l’environnement) se traduit par des opportunités concrètes dans le secteur fromager en France, le fromage devenant un élément de substitution à la viande, de plus en plus populaire.

Un peu plus d’un consommateur français sur cinq a recours au fromage comme substitut à la viande et ce chiffre est encore plus élevé dans la tranche des 25-34 ans, avec un consommateur sur quatre. C’est une bonne nouvelle pour les fabricants de fromage, car le niveau d’affinage élevé qui caractérise le marché du fromage français limite le champ des possibilités en termes de réinvention et ne permet de tabler que très peu sur de nouvelles occasions de consommation, surtout lorsqu’il s’agit de séduire les plus jeunes générations.

Il est courant de consommer quotidiennement du fromage en France. Cependant, lorsque l’on s’intéresse de plus près aux données démographiques, il apparaît que les plus jeunes consommateurs sont moins enclins que leurs aînés à consommer du fromage tous les jours.

Par contre, les jeunes consommateurs ont tendance à consommer davantage de produits végétariens, ce qui constitue de nouvelles opportunités pour les fabricants de fromage. Bien que les végétariens soient assez peu nombreux en France, de plus en plus de consommateurs sont attirés par les options végétariennes. Ainsi, par exemple, près de trois consommateurs sur 10 âgés de 25 à 34 ans ont déclaré avoir intégré plus d’aliments végétariens (burgers de soja, saucisses végétariennes, etc.) dans leur régime alimentaire en 2016 par rapport à l’année précédente. Les fabricants de fromage devraient penser à introduire davantage de substituts à la viande à base de fromage comme une stratégie pour attirer les plus jeunes consommateurs.

HAUSSE DU NOMBRE DE LANCEMENTS DE PRODUITS VÉGÉTARIENS

Les marques françaises de toutes catégories confondues de l’alimentaire et des boissons ont surfé sur la tendance végétarienne, en lançant davantage d’options végétariennes. L’innovation dans le domaine des substituts à la viande s’est également bien développée au cours des deux dernières années : le nombre de lancements a triplé entre octobre 2013 et septembre 2016. Encore plus frappant : un nouveau produit de substitution à la viande sur cinq lancé au cours des deux dernières années contient du fromage.

Tant les marques que les labels privés de substituts à la viande cherchent à tirer parti de l’aura gustative du fromage. En effet, les produits de substitution à la viande à base de fromage fournissent aux consommateurs ce qui les intéresse vraiment lors du choix d’un fromage : le type et l’authenticité. Par exemple, le type de fromage et quelques images du fromage figurent bien en évidence à l’avant de l’emballage de ces produits de substitution. Les galettes de tofu de Soy « Croc Tofou Poivrons et Brebis » au piment d’Espelette mentionnent et indiquent ainsi clairement la variété du fromage (brebis), ainsi que le lieu de production (la région Midi-Pyrénées en France).

 

Analyste spécialisée dans les produits laitiers et Directrice de recherches en Produits alimentaires et Boissons chez Mintel, Caroline Roux dirige l’équipe internationale d’analystes en produits alimentaires et boissons basée à Londres. Elle fournit aux entreprises laitières des informations précieuses sur les consommateurs ainsi que des recommandations réalistes. Elle surveille également les tendances de consommation et les innovations à l’international afin d’aider les clients dans leurs stratégies de croissance. Avant d’intégrer Mintel, Caroline a dirigé la stratégie de marque au Royaume-Uni et en France pour une entreprise laitière cotée au FTSE 250.