Les parents utilisent toute sorte de stratégies amusantes pour nourrir leur bébé. Par exemple, ils prétendent que la nourriture est un train « tchou-tchou » qui rentre dans un tunnel ou un avion afin d’encourager leur bébé à ouvrir leur bouche. Goûter la nourriture eux-mêmes est également un moyen répandu et crédible pour les parents de « vanter » le produit à leur progéniture : après l’avoir goûté, les parents montrent leur enthousiasme et leur régal pour convaincre le bébé de goûter la nourriture.

Les parents goûtent la nourriture de leur bébé

Les parents sont par conséquent eux-mêmes des consommateurs réguliers de nourriture pour bébé, ce qui implique que les marques doivent séduire les papilles des parents tout autant que celles des bébés. En effet, plus des deux tiers des parents italiens, espagnols et polonais d’enfants âgés de 0 à 4 ans déclarent goûter régulièrement la nourriture de leurs enfants avant de leur faire manger. En Allemagne et en France, les parents sont moins enclins à goûter la nourriture pour bébé, mais la part des parents qui le font, respectivement 48 % et 45 %, n’est pas négligeable.

Au-delà de l’appétence, les parents peuvent goûter la nourriture de leur enfant pour vérifier si elle est à la bonne température ou si la texture est adaptée à la capacité de l’enfant à mâcher. Ce qui est encore plus intéressant, c’est la part des parents qui terminent la nourriture de leur bébé. Pratiquement la moitié des parents français d’enfants âgés de 0 à 4 ans déclarent aider régulièrement leur plus jeune enfant à terminer leur repas en le mangeant eux-mêmes. Le fait que les parents admettent terminer régulièrement la nourriture de leur enfant suggère qu’ils aiment cette nourriture, ou qu’ils sont au moins prêts à prétendre l’aimer.

La saveur n’est pas le premier critère de choix

Étant donné que les parents ne sont pas les principaux consommateurs, la saveur, et donc le goût, n’est pas leur premier critère de choix lors de l’achat de nourriture pour bébé. En effet, un grand nombre de parents européens recherchent des produits sans additifs et sans agents de conservation. Les choix sont nombreux : parmi la nourriture et les boissons (sauf le lait et le lait maternisé) lancées en Europe au cours des 12 mois précédant septembre 2016, plus de la moitié présentaient l’argument sans additifs / conservateurs.

Pour les parents européens, d’autres critères relatifs à la santé comptent plus que la saveur, notamment l’argument sans sucre ajouté. En effet, il s’agit du principal facteur d’achat des parents allemands d’enfants âgés de 0 à 4 ans. L’inquiétude grandissante concernant la consommation excessive de sucre a encouragé les marques à augmenter l’introduction de nourriture et de boissons pour bébé à teneur réduite en sucre. Parmi la nourriture et les boissons pour bébé (sauf le lait et le lait maternisé) lancées en Europe au cours des 12 mois précédant septembre 2016, 45 % vantaient l’argument sans sucre, faible teneur en sucre ou teneur réduite en sucre, alors que ces aliments représentaient moins d’un tiers des produits lancés lors des 12 mois précédents.

En général, les marques de nourriture pour bébé en Europe répondent aux attentes des parents et l’innovation reflète leurs critères de choix.

Caroline Roux est, chez Mintel, l’analyste spécialisée dans les produits laitiers et l’alimentation infantile. Son rôle consiste à étudier et analyser le marché des yaourts, du fromage, du beurre, du lait et de ses alternatives végétales, et de l’alimentation infantile à l’échelle globale. Elle en tire ce qui lui semble être le plus impactant et ce qui devrait inspirer les entreprises dans leurs stratégies d’innovation et de croissance. Avant d’intégrer Mintel, Caroline a dirigé la stratégie de marque d’une entreprise cotée au FTSE 250 au Royaume-Uni et en France.