L’Oktoberfest ou la « fête de la bière » célébrée à Munich attirera bientôt tous les regards sur la bière allemande, car ses tentes accueilleront leurs premiers visiteurs dès le 16 septembre 2017. Or, l’intérêt et les priorités des consommateurs évoluant, cette année ce sont des bières plus légères qui devraient remplir les chopes ou Steins.

Une nouvelle étude réalisée par Mintel révèle en effet que plus du quart des consommateurs en France (28 %) et en Allemagne (27 %) pensent que la bière sans ou à faible teneur en alcool est tout aussi bonne qu’une bière forte. Alors que les jeunes générations précédentes pouvaient se révéler des buveurs particulièrement enthousiastes, les jeunes d’aujourd’hui se trouvent parmi les plus susceptibles de percevoir les avantages d’une bière contenant peu ou pas d’alcool. Pas moins de 37 % des consommateurs français âgés de 18 à 24 ans et 31 % de leurs homologues allemands trouvent leur goût tout aussi agréable que celui d’une bière dite « normale » (entre 4 et 6 % vol.).

Ainsi, non seulement les consommateurs continuent d’apprécier les arômes de ce breuvage, mais l’opprobre jeté jusque-là sur les bières sans alcool semble s’estomper de plus en plus. L’étude menée par Mintel met également en évidence que seul un Allemand sur 10 (soit 9 %) reconnaît qu’il se sentirait gêné d’être vu en train de boire une bière sans ou à faible teneur en alcool, tandis que 14 % de Français sont du même avis.

Jonny Forsyth, consultant spécialiste de l’alimentaire et des boissons chez Mintel, estime que :

« Les dernières tendances en matière de santé et de bien-être influençant de plus en plus la consommation d’alcool, les buveurs se tournent vers des bières modérément alcoolisées et l’opprobre s’abattant jusque-là sur les bières sans ou à faible teneur en alcool s’émousse. En regardant vers l’avenir, le marché international de la bière découvrira des innovations encore plus modérées étant donné que la génération Y en particulier aspire à des offres plus saines et moins caloriques en matière de bières. En conséquence, de nombreuses marques s’efforcent d’améliorer la qualité du produit, notamment des bières sans alcool. L’Allemagne surtout brasse actuellement des bières sans alcool d’excellente qualité au point qu’elles sont devenues une option courante pour les consommateurs. Les amateurs de bière n’y sont pas forcément connus pour leur modération, mais c’est en train de changer. »

En outre, l’Oktoberfest de cette année semble vouloir opter pour une bière contenant peu ou pas d’alcool afin d’éviter le contrecoup des lendemains de fête. Parmi les consommateurs allemands, plus de la moitié (53 %) estiment que « les chances d’avoir la gueule de bois en buvant une bière sans ou à faible teneur en alcool sont moindres qu’avec une bière traditionnelle (entre 4 et 6 % vol.) ». En France, ils sont 6 sur 10 (61 %) à y croire et, au-delà des lendemains heureux escomptés par tous, plus de la moitié des consommateurs français (56 %) voient dans ce type de bière la possibilité de rester maître de soi tout en buvant.

« De nos jours, la maîtrise de soi est devenue un mot d’ordre implacable pour les jeunes consommateurs. Contrairement aux générations précédentes, leurs soirées s’exposent en images sur les réseaux sociaux et risquent d’y demeurer pour le reste de leurs vies. C’est pour cela que beaucoup d’entre eux cherchent à éviter la consommation excessive d’alcool. », ajoute Jonny Forsyth.

Le nombre des consommateurs de bières sans alcool ne cesse de d’augmenter : ils sont 33 % en Espagne, 23 % en Allemagne et 9 % en France à opter pour cette variété.

Toutefois, d’après la base de données mondiale Mintel sur les nouveaux produits (GNDP, d’après son sigle anglais) et bien que leur intérêt s’exprime clairement en Europe, le pays le plus novateur en matière de lancements de bières sans ou à faible teneur en alcool* demeure la Chine. Plus d’une bière sur quatre (29 %) apparue en Chine en 2016 contenait peu ou pas d’alcool (moins de 3,5 %), contre une sur 10 en Espagne (12 %), en Allemagne (11 %) et en Pologne (9 %). Loin derrière en ce qui concerne les activités de lancement, seuls 6 % des bières apparues sur le marché français en 2016 contenaient peu ou pas d’alcool alors que la moyenne internationale se situe à 8 %.

« Le nombre d’innovations relatives aux bières à faible teneur en alcool à l’échelle mondiale reste pourtant négligeable, et ce, en dépit de l’activité en Europe, en Asie, dans le Pacifique, au Moyen-Orient et en Afrique. Tandis que la Chine fait figure de chef de file en matière d’innovations dans ce domaine, l’étude Mintel indique que, globalement, les consommateurs chinois préfèrent des bières dont le titre alcoométrique volumique (TAV) est inférieur à celui du marché mondial. » ajoute Jonny Forsyth.

Il semble d’ailleurs que la plupart des consommateurs font pleinement confiance aux marques reconnues et éprouvées pour continuer d’innover et produire une bière goûteuse contenant peu ou pas d’alcool. D’après l’étude menée par Mintel, plus de la moitié des consommateurs allemands (56 %) disent compter sur leur marque préférée pour brasser une bière savoureuse contenant peu ou pas d’alcool, tandis qu’en Espagne, ils sont la moitié (50 %) à leur accorder cette confiance.

« Notre étude sur les consommateurs européens confirme l’importance de la confiance dans la marque pour les aider à surmonter la barrière significative du goût. La consécration des bières sans alcool en Allemagne apporte d’autres perspectives sur ce qui peut fonctionner ailleurs. Les producteurs de bières sans alcool ont nettement amélioré leurs techniques de production, tant et si bien que la moitié des consommateurs de bières allemands opinent aujourd’hui que celle sans alcool s’avère aussi bonne que la traditionnelle. », ajoute Jonny Forsyth.

L’étude Mintel montre que le Moyen-Orient et l’Afrique pourraient constituer un foyer d’activités pour le lancement de bières contenant peu ou pas d’alcool dans les années à venir. D’après Mintel, près d’un tiers (30 %) des nouvelles bières lancées au Moyen-Orient et en Afrique contenaient peu ou pas d’alcool en 2016, contre 22 % en 2015.

« Tout plaide donc en faveur du potentiel croissant des bières sans alcool sur les marchés d’Asie et du Moyen-Orient et notamment sur ceux composés d’une forte population musulmane tel que l’Indonésie. », conclut Jonny Forsyth.

* La mention « sans ou à faible teneur en alcool » se caractérise par un volume inférieur à 3,5 %

Des exemplaires de revues de presse, et de plus amples informations concernant la taille des échantillons des études et des entretiens avec Jonny Forsyth, consultant spécialiste mondial de l’alimentaire et des boissons chez Mintel, sont disponibles sur demande auprès du bureau de presse.