Le marché agroalimentaire français du bio est en plein essor. Les principaux commerçants du pays ont immédiatement su exploiter ce filon. Carrefour a ouvert son sixième magasin bio à Paris (Carrefour Bio) en mars 2016 et un autre point de vente à Lyon en novembre de la même année. D’autres grandes enseignes telles que Leclerc et Auchan ont également investi dans ce secteur et développé avec les acteurs de la grande distribution leur propre éventail de labels. Ainsi, Lidl a lancé en septembre 2016 sa ligne de produits bio premium baptisée Si bon si Bio. L’essor de labels spécifiques pour les produits bio, qui sont vendus à des prix plus abordables, a notamment permis à une plus grande partie de population d’accéder à ce marché.

L’étude menée par Mintel montre que de nombreux consommateurs français modifient leurs habitudes d’achat afin d’y incorporer plus de produits alimentaires biologiques et se montrent prêts à payer plus le cas échéant. Au cours du premier trimestre 2017, un quart de ces consommateurs ont reconnu acheter de plus en plus de denrées alimentaires issues de l’agriculture biologique, un chiffre qui demeure par ailleurs relativement stable au sein des différents groupes démographiques. Cet écart est encore moindre lorsqu’il s’agit de la prédisposition à payer plus pour des aliments bio ; au premier trimestre 2017, 22% des consommateurs y été disposés.

Le bio offre des opportunités croissantes pour la boulangerie

La moitié des consommateurs français pensent que cela vaut la peine de payer plus pour du pain ou des pâtisseries bio, soit nettement plus que les 39 % de consommateurs appartenant au plus grand marché bio d’Europe, l’Allemagne, interrogés à cet égard. D’après Mintel, il s’agit d’une véritable opportunité de croissance pour le marché de la boulangerie et cela pourrait permettre aux producteurs de voir une progression supérieure à 2 % de leur taux de croissance annuelle composé (TCAC) sur les produits panifiés et de 2,6 % pour les viennoiseries sur les cinq prochaines années.

Le bio constitue d’ores et déjà une revendication claire des nouveaux produits panifiés en France

Au cours de ces cinq dernières années, le bio est devenu le principal argument de vente des nouveaux lancements de produits panifiés en France ; il représentait prè d’une nouveauté sur cinq, un chiffre loin devant la moyenne européenne. Sans compter que cet argument de vente s’est largement étendu aux denrées pâtissières en France, touchant plus d’un lancement sur 10 durant cette période. Cela représente toutefois un défi de différenciation pour les nouveaux entrants ou pour ceux souhaitant renforcer leur présence, car un positionnement misant entièrement sur le bio risquerait de s’avérer insuffisant pour se démarquer. En 2016, Monoprix a d’ailleurs annoncé que toutes ses baguettes proviendraient à présent de l’agriculture biologique, suggérant ainsi qu’il s’agissait d’un nouveau standard industriel.

D’autres acteurs se trouvent de plus en plus engagés dans le bio et ont recours à des messages centrés sur la santé et les produits « exempts de ». De janvier à mai 2017, en France, 29 % des nouveaux produits bio issus de la boulangerie ou de la pâtisserie se revendiquaient également à base de céréales complètes et 20 % sans gluten. La convergence de ces arguments pourrait potentiellement accroitre l’attrait des consommateurs

 

Chris Brockman is Research Manager, Food and Drink, EMEA region at Mintel. During a near 20-year research career, Chris has worked with many of the leading global food and drink producers and retailers. Prior to Mintel, Chris led a team undertaking research on food ingredient sectors and tracking global innovation trends. He also led a research team at an export market consultancy for the food and drink sector.