Les consommateurs au travers du monde boivent désormais un café respectueux de l’environnement. Selon une étude émanant de la base de données de Mintel en matière de nouveaux produits (Mintel New Products Database ; GNPD), près de la moitié (48 %) des nouveaux lancements de café en 2020 comportaient une revendication éthique ou environnementale [1], soit le double du nombre enregistré il y a 10 ans (2012) lorsque seul un lancement de cafés sur quatre se disait soucieux du développement durable.   

Les capsules ou dosettes, qui couvrent un quart des innovations mondiales en de café (24 %) constituent le format le plus controversé dans cette catégorie en raison de la quantité de déchets qu’elles créent. Seules deux capsules sur cinq (39 %) s’accompagnent de la mention « recyclable » au niveau mondial. A l’heure actuelle, une capsule sur 10 prétend être biodégradable (11%) et/ou compostable (10 %).

De façon générale, les cafés s’en sortent bien en matière de durabilité lorsqu’on les compare à la totalité du marché mondial des innovation d’aliments et des boissons: 35 % des nouveaux lancements de produits comportent une revendication liée au développement durable en Europe. Or, ce pourcentage grimpe à 64 % dans le cas de lancements de cafés en Europe.

Selon Jonny Forsyth, Associated Dau sein de Mintel Food & Drink :

« Il ne fait aucun doute que le développement durable sera au cœur de la problématique de l’industrie du café au cours des vingt prochaines années. Les consommateurs seront vis-à-vis des marques de café de plus en plus exigeants dans un contexte où la paranoïa caractéristique de la pandémie aura laissé place à une véritable anxiété sur les sujets en lien avec le réchauffement climatique. Les consommateurs deviennent de plus en plus conscients de l’impact du CO2 dont le café est reste l’un des principaux émetteurs. La jeune génération engagée se montreront moins tolérants à l’égard des déchets, et tout particulièrement les capsules qui se disent recyclables mais ne le sont que rarement, ce qui aura pour effet de dynamiser les lancements de capsules « vertes ».

La pandémie de Covid-19 a rendu les consommateurs plus sensibles aux inégalités. Or, la plupart des cultivateurs continuent à être mal payés en dépit des profits réalisées par l’industrie du café et des revendications de commerce équitable. Les marques vont devoir aider les cultivateurs à faire face au réchauffement climatique et éviter ainsi la perte d’offre et de moyens de subsistance.  Les marques devront ainsi s’impliquer davantage et mettre au cœur même de leur message leurs actions et valeurs durables ».

La tendance du barista maison fait fureur

La pandémie de Covid-19 a conduit à une hausse spectaculaire de 8 % du nombre total de lancements de paquets de café en 2020, comparé à 2019. Les variétés, y compris les dosettes (24 %), le café moulu (23 %) et les grains (15%) représentent désormais près des deux tiers des innovations mondiales en matière de café .

La tendance au barista maison est beaucoup plus développée dans les marchés occidentaux [2] où dosettes, grains et café moulu représentent 77 % de l’ensemble des lancements de café, comparé à seulement 44 % en Asie, en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Afrique où les mélanges (20 %), les boissons prêtes à boire (19 %) dominent. Le café moulu a connu une hausse substantielle en matière d’innovation dans les marchés occidentaux, passant de quelque 19 % des nouveaux lancements de produits en 2019 à 24 % en 2020.

La pandémie a forcé les consommateurs à préparer davantage de café à la maison et ces derniers se sont efforcés de répliquer la fraîcheur des cafés qu’ils avaient l’habitude de boire dans les bistrots avant la pandémie.

Jonny Forsyth poursuit :

« La pandémie de Covid-19 a créé [1] une année fascinante pour le café, tout particulièrement parce que cela a renversé une tendance de long terme. Pendant des années, la restauration hors-domicile a pris des parts de marché à la vente de cafés en grande distribution mais la pandémie a forcé les amateurs de ce breuvage à faire davantage de café à domicile et répliquer la fraîcheur traditionnellement présente dans les bars.

Pour beaucoup, la préparation du café a dépassé le simple désir de faire du « bon café ». Désormais, il s’agit de préparer un café innovant, dans le même style que ce que l’on trouve dans la restauration hors-domicile. Dans un peu moins de deux ans, cette tendance prendra encore de l’ampleur à mesure que la technologie autour de la préparation du café s’améliorera et que le prix des machines à café baissera. A l’avenir, les marques devront se comporter davantage comme des coffee shops afin de fidéliser les clients. Cela passera par l’utilisation de médias sociaux et d’innovation dans les nouveaux produits afin d’offrir aux clients du choix, un sens de communauté et du storytelling ».

Les marques ont réduit de 15 % le développement des boissons prêtes à boire à base de café

Tandis que les consommateurs aux quatre coins du globe devenaient des baristas experts, les amateurs de cafés ont tourné temporairement le dos au format « prêt à boire », qui avait beaucoup progressé dans de nombreux marchés avant la pandémie. Selon Mintel GNPD, le nombre total de lancements de cafés prêts à boire (à l’image du café glacé en canettes) a brutalement décliné de 15 % entre 2019 et 2020, reflétant un moindre besoin pour des formats à emporter.

« Après des années de croissance explosive, le café prêt à boire a réellement souffert en 2020, conséquence des confinements. Dans ce contexte, la praticité n’était plus au sommet des priorités des consommateurs », conclut Jonny Forsyth.

[1] Tous les lancements de cafés chaud et froid en grande distribution portant une allégation éthique et environnementale.

[2] L’Amérique du Nord, l’Europe et l’Australasie