Alors que l’inflation dans le secteur agroalimentaire ne cesse de grimper partout en Europe*, les dernières études de Mintel révèlent que le coût de l’alimentation et des boissons éthiques** se trouve être l’obstacle le plus important lors de l’achat par les consommateurs européens.

Lorsque les consommateurs français considèrent acheter des produits éthiques (par exemple Fairtrade, bios ou élevés en plein air), ils sont particulièrement rebutés par les prix élevés, avec 42% des non-acheteurs expliquant que le prix les dissuade. Toutefois, le coût est aussi un problème important pour les consommateurs allemands. Parmi ceux qui n’achètent pas de produits éthiques, les plus jeunes sont particulièrement sensibles aux prix: quatre sur dix (41%) des 16 à 34 ans voient le prix comme un obstacle.

Selon Mintel, une plus grande transparence aiderait à augmenter les produits éthiques. Plus de la moitié des consommateurs français (57%) et allemands (54%) disent qu’ils achèteraient des produits certifiés plus souvent s’ils avaient des informations plus claires sur l’augmentation du prix liée à la certification.

Alors que le prix est un problème majeur partout en Europe, les consommateurs acceptent/comprennent que la nourriture éthique est de bonne qualité. Seulement un consommateur Français (13%) et Allemand (12%) sur huit pense qu’il n’y a pas de différence de qualité entre les produits alimentaires certifiés/labellisés et ceux qui ne le sont pas.

L’importance de l’éthique d’une marque est confirmée par le fait qu’un tiers des consommateurs allemands déclarent avoir arrêté d’acheter des produits d’entreprises n’ayant pas agi de manière éthique – chiffre qui atteint les 41% de la part des consommateurs français. 

Katya Witham, Global Food and Drink Analyst chez Mintel, dit : 

« Au moment où nous faisons face à une récession économique engendrée par l’épidémie de COVID-19, les marques agroalimentaires éthiques, telles que Fairtrade et le label bio, ne peuvent pas se reposer sur leurs lauriers. Alors que les consommateurs demeurent très attentifs à leurs dépenses et réajustent la valeur d’un produit dans le contexte de cette incertitude économique, ils seront à la recherche d’informations et de conseils qui justifient les prix plus élevés des produits alimentaires éthiques.

En particulier vis-à-vis de l’inflation élevée, de hauts prix pourraient faire perdre à des marques un certain nombre de consommateurs qui donnent la priorité à des dépenses éthiques lors de l’achat de produits alimentaires. Alternativement, ces consommateurs pourraient aussi se tourner vers des marques de distributeurs pour ces produits-là. Les entreprises agroalimentaires devraient tirer parti des convictions des consommateurs envers des produits plus sains, plus “purs” et qui aident à sauvegarder l’environnement, en prenant position de manière claire, crédible et mesurable à propos de leur effort pour protéger la santé de la planète.

Dans le futur, les marques agroalimentaires pourront persuader les consommateurs de payer plus cher pour des produits éthiques malgré les temps difficiles qui s’annoncent en se concentrant sur leurs vraies valeurs de marque: par exemple en offrant une meilleure protection pour la santé de leurs employés et fournisseurs, ou encore en subvenant aux besoins de l’économie locale. »

Notes aux éditeurs :

*Selon une estimation d’Eurostat, l’inflation de la zone Euro devrait atteindre 4.9 % en novembre 2021, contre 4.1 % en octobre et 3 % en septembre. 

**Par ex. Fairtrade (commerce équitable), bio, élevé en plein air, neutre en carbone ou autre label/certification durable ou éthique. 

***Ceux qui n’ont pas acheté de produits alimentaires durables ou estampillés éthiques au cours des 6 derniers mois précédant l’étude

Base : France : 1 000 utilisateurs d’internet âgés de plus de 16 ans ; Allemagne : 2 000 utilisateurs d’internet âgés de plus de 16 ans ; Italie : 1 000 utilisateurs d’internet âgés de plus de 16 ans ; Espagne : 1 000 utilisateurs d’internet âgés de plus de 16 ans, mai 2021.